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CONCERT DU 16-06-2018 AU PRIEURE DE MARCEVOL

Le Chœur Tutti Canti sous la direction d’Éloïse AYMERICH, avec Émilie BEAUDELOT à l’orgue, Roland GALLINA à la trompette, Yoann ALBERT-BLAISE et Julien FARRE aux percussions, Jacques MARMAYOU au violoncelle.

Ce n’est pas un hasard si le Chœur Tutti Canti de Saint-Cyprien a choisi le Prieuré de Marcevol pour son dernier concert de la saison. Il fallait ce haut lieu de l’art roman catalan chargé de spiritualité pour un programme composé principalement de musique sacrée.

« Locus Iste » d’Anton Bruckner, court motet « A Capella » aux difficiles modulations harmoniques ascendantes et descendantes, restitue à ces murs du XII° siècle leur beauté première. Le « Cantique de Jean Racine » composé à 19 ans par Gabriel Fauré, garde ce caractère solennel que souligne dans la partie centrale un changement de tonalité qui lui donne une force particulière et un haut niveau expressif. Ce premier cycle de musiques intemporelles dans un cadre que le temps a figé, s’est terminé par l’« Ave Verum » d’Edward Elgar, auteur de nombreuses œuvres liturgiques.

C’est une œuvre de grande envergure qui a clôturé le concert. La messe de Karl Jenkins en treize parties dont six ont été jouées, est un véritable hymne universel, mêlant religions, poésies et musiques de divers pays, à travers le temps. Des tambours et trompette qui sonnent le combat, au « Kyrie » qui implore la miséricorde divine, jusqu’au vide douloureux de ceux qui ne sont plus, la musique nous amène au moment du recueillement. Le « Benedictus » commence par l’orgue qui fixe la tonalité, tandis que le violoncelle lance le chant et introduit la trompette avant d’être rejoint par l’ensemble du Chœur. Des combats du début à l’espoir qui nait, l’œuvre se développe en une véritable ode à la Paix.

Il faut la direction inspirée et la passion d’Eloïse Aymerich pour restituer à cette musique le mystère du sacré. Quarante choristes, subjugués par les élans expressifs de leur chef, donnent tout pendant le concert, toute l’énergie qu’ils reçoivent dans une dynamique toujours renouvelée.

Le public conquis ne s’y est pas trompé et a reçu en bis, dans le plus grand recueillement, le « Cant dels ocells » à quatre voix, cette autre ode à la paix que jouait, à Molitg, Pau Casals, face au Canigou.

Jacques Marmayou